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"Le conformiste se plie au monde tel qu'il est. L'anticonformiste persiste à adapter le monde à ce qu'il est. Le progrès relève donc de l'anticonformiste"

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La caution du groupe et les indicateurs de crédibilité

 

Indicateurs de crédibilité

 

Aujourd'hui, il n'est pas envisageable de postuler à un poste sans avoir à la fois le diplôme qui est l'attestation d'un groupe de professeurs que le candidat est au niveau, et des lettres de recommandations (fournies par des ex hiérarchiques, collègues, clients, etc...). Cela semble une bonne idée à première vue, mais est-ce vraiment le cas?

En fait, si l'on regarde bien, on se rend compte que toute la société semble suivre ce modèle de validation, de cooptation, car il est commode, peu coûteux, et il semble dispenser d'investigations poussées. Il serait, donc un bon moyen de déterminer qui a le droit ou pas d'avoir du crédit, une situation, un droit de parole, etc...

Pour ceux qui n'auraient pas les précieux sésames, tous les groupes humains, que je qualifierais de tribus (Seth Godin Tribes) se ferment, les observent avec crainte, parfois avec mépris ou condescendance, en leur interdisant de facto d'exercer leurs capacités. La raison en est que quelque part, ils n'ont pas juré allégeance au groupe en acceptant inconditionnellement de se soumettre à toutes les exigences sélectives de ces groupes, et se faisant, réduisant le positionnement de l'individu, sa capacité d'expression, de réalisation, car dès lors c'est le groupe qui commande, etc...

Il s'agit d'un exercice de docilité initiatique qui sert le système, et l'entretient. Prenons des exemples concrets de l'absurdité de la situation dans certains cas :

Le cas d'un psy ayant passé tous ses diplômes et finalement qui en fin de compte n'aime pas plus que cela les patients, et n'éprouve pas une grande motivation à les aider. On peut aussi imaginer celui qui a pris la théorie, les exercices, mais qui n'a pas du tout de sens du psy, et ne l'aura sans doute jamais. Leur sérail d'origine va les valider comme opérationnels et compétents. Ils seront éventuellement recommandés alors que tous deux seront parfaitement dangereux pour leur patient potentiellement.

On aurait pu transposer ces exemples avec des enseignants qui sont bons dans leur matière, mais qui ne sont pas faits pour cela. Ils obtiennent néanmoins le diplôme, et seront acceptés et soutenus par leur sérail, malgré un manque évident de pédagogie.

Cela s'applique également à de nombreuses professions des secteurs privés, public, ou libéral.

Je ne parle même pas des artistes, et des créatifs de tous poils, qui, en général ne parviennent à vivre de leur art que lorsqu'ils ont réussi à avoir la caution et la reconnaissance d'un groupe doté d'un pouvoir économique par exemple ; ceci alors que de nombreux et illustres inconnus ne perceront jamais et seront toujours mal considérés.

Ce qui pousse la société à ce type de stratégie de masse, c'est finalement la combinaison de plusieurs éléments : d'abord le conservatisme (on a toujours fait comme çà, donc il faut continuer, même si aujourd'hui on ne sait plus pourquoi) ; ensuite la peur, car l'inconnu est peu appréhendable, et l'on fait le choix parce qu'on a eu parfois de mauvaises expériences en comptant sur l'avis, l'opinion, la caution de tiers.

En suite la docilité, et la servilité, sont des prérequis de l'intégration dans le groupe. Les individus n'en tirent de bénéfices que lorsqu'ils progressent dans la structure vers le haut (et d'ailleurs souvent à quels prix : courbettes, peurs, absence de temps en dehors du travail, vie de famille sacrifiée, etc...). En revanche, pour tous les autres, c'est souvent juste une contrainte limitante, tant sur leur capacité d'expression que d'action. Aux yeux de la société et de ses membres, tout ce que fait le groupe rassure, car c'est ce que "tout le monde" fait, donc c'est présumément bien (alors que malheureusement dans de nombreux cas c'est juste l'inverse).

Combien de personnes ayant compris le fonctionnement des mécanismes de cautionnement, et des indicateurs de crédibilité font en sorte de piéger le système : achat de diplômes sur le net, fausses lettres de recommandation, vraies lettres basées sur des réciprocités de service, site internet factice, commande d'articles sur des blogues, "tchatche", et culot, etc...

Toutes ces techniques rendent aujourd'hui les choix qui sont faits inopérants dans bien des cas. Évidemment la société n'est pas idiote, elle présume que malgré les imperfections de la démarche, la plupart des opérations seront bonnes (une sorte de Pareto 80/20). Le risque et les difficultés rencontrées sont : prendre des gens qui trichent en faisant semblant de suivre les règles en vigueur, mais surtout d'écarter à la base tout les gens hyper talentueux, n'ayant pas réuni les prérequis de sélection, c'est-à-dire que la société fait le choix d'une médiocrité généralisée, et qui s'auto entretient puisque ceux de demains qui choisiront, seront sélectionnés par les médiocres d'aujourd'hui qui leur transmettront les valeurs et les pratiques défaillantes actuelles.

 

Imaginons maintenant le scénario inverse :

Les groupes humains ne choisissent plus par cautionnement ni par diplôme, etc... Il devient nécessaire d'évaluer pour chaque candidat ses capacités, son potentiel, soit sur la base d'un test, soit sur une mise en situation, soit sur la démonstration par un produit fini présentable.

Dans ce scénario, "les mauvais" qui éventuellement auraient pu être diplômés sont écartés (ils ne causent donc pas de dégâts à autrui, ils doivent se reconvertir en quelque chose qui leur est plus adapté, donc ils seront mieux dans leur peau).

Les bons qui ne possèdent aucune caution soutient, etc..., se voient intégrés, et donnent le meilleur d'eux même, la valeur du groupe se renforce, et en tant que futurs sélectionneurs ils choisiront avec exigences des gens de qualité à l'avenir (spirale positive).