Bienvenue sur Stephanemartel.fr

"Le conformiste se plie au monde tel qu'il est. L'anticonformiste persiste à adapter le monde à ce qu'il est. Le progrès relève donc de l'anticonformiste"

Get Adobe Flash player

Ces générations X & Y que les RH & Managers ne savent plus comment prendre

 Generation Y 

 

La presse très régulièrement fait le constat de difficultés rencontrées par les managers, et les ressources humaines dans les entreprises, en ce qui concerne la gestion des ressortissants des générations X, et Y.

 

Petits rappels : la génération X est celle de ceux nés entre 1960 et 1979 selon William Strauss et Neil Howe (qui ont établi le classement sociologique associé), la génération Y quant à elle désigne ceux nés entre 1981 et 1999.

 

Les X seraient des rebelles potentiels, qui avec l'âge se seraient pour certains mus dans des postures conservatrices, et un peu anesthésiées, bref pas assez dynamiques, et un peu contestataires. En ce qui concerne les Y alors là rien ne va plus, car la aucune des recettes habituelles ne semble donner de résultats intéressants du point de vue de l'entreprise. On dit d'eux qu'ils veulent tout tout de suite, qu'ils sont capricieux, qu'ils n'ont pas encore commencé à travailler et qu'ils veulent déjà connaitre les avantages sociaux, et le nombre de jours de congé...


Serait-ce une génération oisive qui n'a pas le sens des responsabilités comme semble l'évoquer la presse le plus souvent qui se contente de répéter bêtement ce que leurs "experts" en ressources humaines leur disent. À les lire la génération X qui n'était pas si fameuse ne semble finalement pas si mal, car a bien y regarder même si elle rechignait de temps en temps, elle bossait sans trop poser de question, on pouvait la promener pendant quelques années avant qu'elle se rende compte que l'on se payait sa tête, et qu'elle monte au créneau pour réclamer son du. Elle au moins avait le sens de l'effort, et si on savait la "gérer" ça se passait bien...


En fait ces clichés largement véhiculés par tout ces sois-disant "spécialistes" des ressources humaines, et de nombreux managers, ne sont que le reflet de la parfaite incompréhension qui s'est installée entre les jeunes, et le monde du travail (en tout cas en France). Le fossé est tel que la nation tout entière va probablement en vivre les conséquences dans les années à venir, pourquoi ?


Tout simplement parce que d'un coté, celui des entreprises, on est resté dans tous les conservatismes classiques du management, de la vision productiviste pyramidale, ou l'on a toujours une forme de délicat mépris pour celui que se trouve en dessous de nous dans l'organigramme, et/ou le but du jeu est de dépenser le moins de ressource financière afin d'obtenir du collaborateur la plus grande quantité de travail efficace. De la pression, des miroirs aux alouettes, un embrigadement collectif de masse, la manipulation du groupe, et cela devrait fonctionner comme cela a fonctionné pour les générations passées. Et de l'autre les jeunes n'entendent pas se laisser faire, et là il y a un hic ça ne semble plus marcher du tout.


Les jeunes embauchés démissionnent dans les trois premières années, ne manifestent pas une motivation et une implication comme leurs prédécesseurs, que se passe-t-il ?


La réponse tient à la lucidité de cette dernière génération, qui grâce à la circulation de l'information, une bonne formation générale, et du bon sens hérité de certains ainés, considère qu'elle ne se mettra pas au service des entreprises à tout prix, mais avec des contre parties plus exigeantes qu'avant. Ils ont la bonne idée de se demander des choses comme, qu'est-ce qui est vraiment important pour moi dans ma vie ? Quel équilibre je souhaite y mettre ? etc...


Il s'agit en fait d'une maturité précoce qui prend au dépourvu managers et RH de tous poils, qui ne se sont éventuellement pas posés toutes ces questions au tout début, et se sont jetés comme des "benêts" dans l'entreprise sans aucun recul, et s'y sont fait aspirés avant de devenir des "robots" qui perpétuent un modèle en pleine déliquescence, pour ne pas dire déjà moribond. Le plus triste est que finalement ceux qui sont aux commandes ne changeront rien, car ils ont forcément raison puisqu'ils sont aux commandes, et parce que l'on a toujours fait comme cà, et qu'éventuellement leur entreprise continue a faire des profits. Sauf que les études et les chiffres disent le contraire. Lorsque cela chatouille vraiment trop, on fait des articles dans les journaux internes en expliquant que l'on a pris en compte cette génération Y et que l'on a mis en place des mesures censées permettre leur intégration en douceur. Alors bien sûr que ces mesures sont essentiellement de la com qui sera oubliée dans quelque mois...


Et alors quel gâchis, car si tous ces jeunes devenaient hypermotivés, l'entreprise ne ferait pas des profits, elle deviendrait une locomotive extraordinaire et multiplierait les profits par X, sans parler du fait que l'atmosphère de travail deviendrait agréable pour tous.


Le vrai gros pavé dans la mare vient de personnes comme Vineet Nayar (Patron d'une société indienne de 55000 personnes dans le domaine de l'informatique ), qui lors de la crise de 2008, 2009 avait une croissance insolente alors que toutes les autres entreprises du monde entier étaient en récession très importante. Nos élites habituelles issues de grandes écoles, Françaises ou étrangère n'ont rien pu y faire. Qu'a-t'il fait de remarquable pour obtenir un tel résultat ?

 

Livre de Vineet Nayar

  

Et bien en fait il s'est dit que s’il souhaitait avoir de meilleurs résultats que la concurrence il devait en tout premier lieu ne pas appliquer les mêmes recettes de cuisine, sinon il aurait les mêmes résultats.

 

Deuxièmement il s'est vraiment questionné sur ce qui avait de la valeur ajoutée dans son entreprise ? La réponse qu'il a trouvée c'est ses employés. Il s'est donc dit si je les mets au coeur du dispositif, et pas comme des ouvriers du taylorisme comme les font la plupart des autres entreprises cela devait permettre d'autres perspectives...et c'est exactement ce qui c'est passé.

 

Il a décidé que les employés étaient ce qu'il y avait de plus important et que donc leur marge de manoeuvre devait être maximale puisqu'en réalité c'est eux les experts, et les faiseurs qui fournissent un service ou un produit au client. Il a matérialisé cela par un mantra "les employés d'abord, les clients en suite, et le top encadrement en dernier", on retrouve en fait la pyramide classique, mais en inverse.

 

Cette décision d'organisation a été implémentée en 5 ans avec des résultats spectaculaires, employés motivés, reconnus, très respectés, estimés et entreprise prospère, là où tous les autres continuaient de se lamenter en perdant du chiffre d'affaires. Tout cela est très clairement expliqué dans son livre : "Les employés d'abord les clients en suite".

  

Livre écrit par deux jeunes Y

 

Un autre livre vraiment intéressant écrit par deux jeunes Y : l'open space m'a tuer, décrit avec brio, l'insupportable "cirque" de l'univers de travail du jeune cadre dynamique. Sans concessions, et sans se laisser emporter par une position personnelle, ils ont su décrire fidèlement cette vie navrante imposée à de nombreux collaborateurs d'entreprise, tout en expliquant les causes de chaque problème.

 

Tout jeune sorti d'école ou d'université devrait avoir lu ce livre afin de ne pas perdre quelques années inutiles, mais il devrait surtout être lu par les acteurs exerçant ce qui y est décrit afin de changer très rapidement leurs méthodes managériales qui appartiennent maintenant s’ils avaient encore des doutes à un passé vraiment révolu.


Une société au sens large est un groupe humain dont l'objectif est d'améliorer la vie des individus, et pas l'inverse.

 

Sans doute gare à ceux qui n'écouteront pas les demandes de la génération Y car c'est elle qui prendra bientôt les commandes, et comme elle est active et impatiente cela pourrait prendre des formes très inattendues...voir actualité du monde arabe autour de la Méditerranée, ou plusieurs régimes sont tombés, voir émeutes en Angleterre, etc...
 

Evolution